Le Ceram et l’ESC Lille ne feront plus partie du Groupe Passerelle à compter des concours 2010. Ce que j’en pense.
Fin juin 2009 : le Ceram et l’ESC Lille annoncent leur souhait de fusionner afin de donner naissance à une Grande École de Commerce leader en Europe. La structure ainsi créée a pour vocation de concurrencer les plus grandes universités et écoles européennes. Elle devient en effet la première école de commerce française par le nombre d’étudiants (5.600, dont 35% d’internationaux), la deuxième par le nombre d’enseignants (138, dont 40% de non-français), et la troisième en termes de budget (42 millions d’euros, les plans futurs prévoyant d’amener cette somme à 50 millions). En ce qui concerne son implantation, elle disposera de cinq campus : trois en France (Lille, Paris, et Sofia Antipolis à Nice), un au Maroc, et un en Chine – un sixième campus aux Etats-Unis devant s’ajouter à cette liste en 2010.
On aurait pu croire que la traduction en actions concrètes et visibles de cette fusion auraient pris un peu plus de temps. Mais il n’aura finalement pas fallu 2 mois pour qu’une décision majeure soit actée : le Ceram et l’ESC Lille quittent le Groupe Passerelle et ne feront donc plus partie en 2010 des Ecoles qu’il sera possible d’intégrer via le concours Passerelle 1 (admission sur titre à Bac+2 avec une entrée directe en première année d’Ecole de commerce) ou le concours Passerelle 2 (admission sur titre à Bac+3 et plus avec une entrée directe en seconde année d’Ecole de commerce).
Il y a fort à parier que les conséquences seront relativement mineures pour ce qui est de l’attractivité du concours Passerelle.
Le Groupe Passerelle demeure en effet toujours fort des 16 Ecoles membres qui le composent : ADVANCIA Paris, EM Normandie, EM Strasbourg, ESC Amiens Picardie, ESC Bretagne Brest, ESC Chambéry Savoie, ESC Clermont, ESC Dijon, ESC Grenoble, ESC La Rochelle, ESC Montpellier, ESC Pau, ESC Rennes School of Business, ESC Saint-Etienne, ESC Troyes, NEGOCIA Paris. Challengers en diable, ces Écoles sont réputées pour être très dynamiques et ne cessent d’ailleurs de gagner du terrain en cultivant des positionnements forts et bien arrêtés.
Le départ de l’ESC Lille et du Ceram me fait quand même un petit pincement au coeur. Car force est de reconnaître que ces deux Ecoles qui ont longtemps fait partie du Groupe Passerelle figuraient parmi celles qui “faisaient mouche”.
Une première raison à cela est que ces deux Ecoles ont toujours eu les faveurs des classements des journalistes. Respectivement 14ème et 17ème des classements 2009 du Point et de l’Etudiant, l’ESC Lille et le Ceram ont toujours su rester avec l’ESC Grenoble dans le Top 20 - l’ESC Grenoble est en effet classée dans le Top 10, et accède régulièrement à la 6ème ou 7ème marche du podium, marches convoitées s’il en est derrière les sacro saintes “Parisiennes” (HEC, ESSEC, ESCP Europe, EM Lyon et EDHEC). Classée 10ème meilleure Ecole pour les études de finance et 11ème pour les études à l’international, le Ceram avait même été consacrée par les divers classements thématiques du Point 2009.
Une seconde raison à cela est l’implantation géographique de l’ESC Lille et du Ceram : la première rayonnant dans le Nord, berceau du textile, de la vente par correspondance et de la grande distribution spécialisée (on y trouve ainsi les sièges de Décathlon, Kiabi, Camaïeu, Castorama, Auchan, La Redoute…), la seconde fortement empreinte de l’image de Sophia-Antipolis, notre petite mais audacieuse Silicon Valley.
Ce que je regrette :
Les candidats souhaitant intégrer cette nouvelle Ecole devront passer un concours supplémentaire. Or, mon expérience en tant que Directeur de Prépa montre que les candidats aux concours parallèles des Ecoles de commerce pensent déjà passer suffisamment de concours différents comme ça ! Voyez donc : Tremplin, Passerelle, EM Lyon, Edhec, ESC Toulouse… sans parler de HEC-ESCP Europe et de l’Essec : pour tous ces concours, une ou deux journées d’épreuves écrites et autant pour l’oral en cas d’admissibilité. Cela commence à faire beaucoup pour des candidats qui, ne l’oublions pas, ne “chôment” pas entre mars et juin, période pendant laquelle ils sont déjà très sollicités (mémoires, stages, examens et autres TD…)
En conclusion :
Si le concours Passerelle perd deux Ecoles de bonne facture, je demeure toutefois persuadé que cette décision n’affectera en rien l’attractivité du Groupe Passerelle dont les valeurs fondatrices d’innovation, d’excellence et de proximité sauront fédérer des candidats chaque année plus nombreux. Le Groupe Passerelle abrite encore quelques joyaux du patrimoine européen des Ecoles de commerce et nul doute qu’il saura nous réserver quelques belles surprises dans les mois et années à venir.

