Mon avis sur l’EDHEC, l’Ecole Des Hautes Etudes Commerciales.

Créée en 1906 autour d’une promotion réunissant 7 étudiants, l’Ecole des Hautes Etudes de Commerce du Nord (anciennement, HEC Nord) a su au fil des années renforcer sa base et construire son excellence : de 7 étudiants par promotion en 1906, elle passe à 170 par an en 1951, et accueille aujourd’hui chaque année près de 450 élèves issus de classes préparatoires, auxquels s’ajoutent environ 140 admis sur titre.
Si je choisis de commencer ma présentation sur ces chiffres, c’est parce que l’image qui caractérise le mieux l’Edhec est pour moi celle de la croissance : grâce à ses politiques de développement et à la consolidation de ses points forts, elle a su se hisser jusqu’à la cinquième place du classement national des écoles de commerce et offre aujourd’hui une formation tout aussi valorisante, si ce n’est plus, que sa principale concurrente (l’EM Lyon). A mon sens, l’Edhec doit ce succès à plusieurs facteurs clés :
L’accent mis sur le numérique :
Si on évoque beaucoup, aujourd’hui, les initiatives de l’Edhec en matière d’e-learning (système « Blackboard », cours en ligne en direct ou en différé, salles spécialement conçues pour l’enregistrement des professeurs…), il faut savoir que ce focus sur les nouvelles technologies ne date pas d’hier : dès 1985, l’école s’était déjà axée sur les technologies de l’information et disposait du parc informatique le plus important et le plus novateur des écoles de commerce françaises.
Cette prise de conscience de l’enjeu informatique et cette spécialisation dans le numérique jouent aujourd’hui beaucoup en faveur de l’Edhec : ses élèves sont familiarisés avec les outils de pointe dans ce domaine, et surtout, le développement de son intranet permet à l’école de pouvoir corréler un enseignement structuré autour de bases communes à tous les élèves avec les possibilités de plus en plus nombreuses qui leurs sont ouvertes.
Développement et ouverture internationale :
Parlons-en, justement, des possibilités ouvertes aux élèves. En phase avec son temps, l’EDHEC a su se délocaliser progressivement en ouvrant d’abord un campus à Nice en 1991, qui lui donne une ouverture sur la sphère méditerranéenne, puis un à Paris en 2006, qui la rapproche encore du centre d’activité économique que constitue la capitale. Si cela incite à la mobilité sur le territoire français, il restait encore à mener les étudiants à s’ouvrir à la sphère internationale : c’est chose faite, grâce à la délégation londonienne de l’Edhec (ouverte en 1999), au choix de dispenser la totalité des cours en anglais dès la seconde année de leur cursus, à l’obligation qui est faite aux étudiants de passer au moins six mois à l’étranger, et au parcours intercontinental, qui leur offre la possibilité d’étudier pendant deux années sur trois continents différents (Asie, Etats-Unis, et choix d’une troisième zone géographique liée à l’une des dix-huit universités partenaires de l’Edhec).
De plus, fidèle à sa réputation de « bonne élève », l’EDHEC ne s’arrête pas en si bon chemin : elle prévoit d’ouvrir en 2010 à Roubaix un campus international « responsable » (l’école vise à obtenir pour lui le label « Haute Qualité Environnementale »), situé sur un parc de 8,5 hectares, doté des dernières avancées technologiques en matière de télécommunications ou de connectique, et ayant vocation à accueillir 4000 étudiants (auxquels s’ajouteront 1500 cadres en formation continue). Ce sera donc là un cadre idéal pour continuer à fortifier le troisième des grands points qui font le succès de l’Edhec : sa spécialisation en finances.
Une excellence reconnue dans le domaine financier :
Si, comme toutes les écoles de commerce, l’Edhec propose à ses étudiants des cours portant sur l’ensemble des aspects du management, il en est un en particulier qui fédère l’attention autour d’elle : l’enseignement en finances. Que ce soit en effet au travers de sa majeure « finance » ou des Mastères Spécialisés / Masters in Science qui y sont consacrés, la presse spécialisée (nationale comme internationale) reconnaît sur ce plan une excellence dans le domaine financier qui la place, sur ce plan, devant nombre de ses concurrents (et notamment devant l’EM Lyon).
Or, cet état de fait n’est pas étranger à son évolution : bien qu’il n’y ait pas de disciplines « négligeables » dans l’enseignement du management, les filières financières sont traditionnellement associées à l’élite des écoles de commerce – que ce soit à tort ou à raison. Dès lors, de bonnes performances dans l’enseignement financier rejaillissent naturellement sur la notoriété et le prestige de l’école, bien plus qu’une excellence dans les domaines du marketing ou de la comptabilité, par exemple.
En guise de conclusion, et pour ne pas revenir sur mon avis quant à l’Edhec (qui est, vous l’aurez compris, très positif), j’aimerais simplement insister sur l’importance de la vie associative qui prend place sur le campus : les « assoces » y sont connues pour être vivantes, diverses, impliquées, et actives – en témoignent des événements aussi renommés que la Course Croisière Edhec, l’un des évènements sportifs étudiants les plus courus au niveau européen. Par ailleurs, il me semble important d’apporter une nuance à ce tableau très positif : même s’il n’y a pas de danger dans l’immédiat, je me dois de rappeler que la récente fusion entre le CERAM et l’ESC Lille vise officieusement à faire directement concurrence à l’Edhec (en témoignent les similitudes dans les budgets, dans l’implantation, etc.). Il n’est pas dit, loin de là, que cette initiative porte ses fruits, mais il est en revanche certain que l’issue de ce conflit naissant va se régler au cours des prochaines années. Bien malin qui pourrait en prévoir l’issue !

