Qu’est-ce qu’une école de commerce ?
Chers lectrices, chers lecteurs -
Permettez-moi de vous souhaiter à toutes et à tous une douce et heureuse année ! Que cette année vous apporte son lot de joies de succès et de réussite dans tous les domaines !!
Pour cette nouvelle année, je vais tenter de répondre à une question somme toute assez simple : “Qu’est-ce au fond, une Ecole de commerce ?”

J’ai remarqué que certains candidats qui préparaient leur concours avec AURLOM ignoraient ce qu’était précisément une Ecole de commerce, c’est pourquoi je vais essayer de remédier à cela.
J’attends bien entendu vos remarques et commentaires pour faire avancer le débat.
J’ai donc souhaité ici faire le point sur l’origine des Ecoles de commerce françaises et le rôle qu’elles sont amenées à jouer aujourd’hui.
Depuis la création de la première école de commerce française, en 1820 (une certaine « Ecole Supérieure de Commerce de Paris ») et l’engouement qu’elle a progressivement suscité, les études dites « commerciales » ont été amenées à représenter l’un des principaux pans de l’enseignement supérieur français. Il ne faut pas s’en étonner, au vu de l’importance croissante de la sphère économique et de son rôle-clé au sein du système capitaliste, mais il convient en revanche de s’interroger sur le rôle que jouent aujourd’hui ces écoles : est-il le même qu’au XIXème siècle ? S’il a changé, en quoi ? Et pour quelles raisons ?
Vous l’aurez deviné, la réponse à la première de ces questions est négative : les écoles de commerce sont radicalement différentes aujourd’hui de ce qu’était l’ESCP (http://www.escpeurope.eu/) au moment de sa création. Destinée à l’origine à former des étudiants âgés de quinze ans au minimum aux métiers du monde du commerce (banquiers, administrateurs, négociants, employés d’établissements commerciaux, etc.), elle était à l’image d’un monde où l’idée du commerce était loin d’être aussi corrélée qu’aujourd’hui à celles de la technicité et de l’excellence. A vrai dire, cette initiative était même novatrice, dans la mesure où il n’existait jusque là que peu de formations visant à préparer leurs étudiants à des métiers aussi divers – et ce faisant, à assurer un minimum de polyvalence pour leurs diplômés.
Or, aujourd’hui, s’il est un mot qui réside au cœur des argumentaires des écoles de commerce, c’est bien celui de la polyvalence : les diplômés doivent être dotés, bien sûr, d’une réelle compétence dans les matières principales du monde des affaires (finance, marketing, comptabilité, stratégie, ressources humaines, etc.) , mais ils doivent surtout être capables de transcender les clivages qui existent, en entreprise, entre ces différentes branches afin de pouvoir exercer de façon optimale des fonctions de management. C’est là, peut-être, que réside la principale évolution des écoles de commerce, au point d’ailleurs que la plupart d’entre elles se qualifient aujourd’hui « d’écoles de management » - plutôt que d’écoles de commerce.
« Pourquoi cette focalisation sur la figure du manager ? », pourrait-on se demander.
La réponse à cette question est simple : au fur et à mesure du développement de l’enseignement universitaire, la compétence, voire l’expertise dans un domaine précis de la sphère économique est devenue de plus en plus accessible aux étudiants. De nombreuses formations universitaires et/ou spécialisées (BTS, DUT, etc.) sont aujourd’hui à même de former des étudiants à l’excellence dans la maîtrise d’instruments comptables, financiers, statistiques, etc. Dès lors, l’excellence ne réside plus dans la seule compétence, mais dans la pluralité des approches : ce qui fait le bon manager, c’est sa capacité à comprendre les enjeux afférents aux services qui interagissent avec le sien, à avoir une vue globale de la stratégie de l’entreprise, et à être capable de l’analyser afin de mettre son service en adéquation avec elle. C’est dans cette optique que les écoles de commerce se sont progressivement axées sur le management : il s’agit, encore aujourd’hui, d’une forme d’enseignement sur lequel elles disposent d’une réelle plus-value.
Par ailleurs, le second grand axe d’évolution des écoles de commerce réside dans leur internationalisation : dans un monde de plus en plus ouvert et aux frontières de moins en moins tangibles, alors que les flux (d’information, de capitaux, de biens, de personnes…) circulent à vitesse accélérée, un manager ne peut plus avoir un horizon limité au seul cadre national. Dès lors, l’ouverture sur l’international des écoles de commerce, la place qui est réservée dans leurs cursus aux échanges et aux stages à l’étranger, et la place qu’elles dédient à l’enseignement des langues font d’elles des structures uniques en leur genre, héritières directes des premières écoles de commerce, mais adaptées aux enjeux du monde du XXIème siècle.

