Une vraie question : faut-il choisir une école en fonction de son classement ?
Vous êtes nombreux à consulter les palmarès annuels des grandes écoles qui sont publiés au sein de divers journaux. C’est normal : vous voulez vous faire une idée de la « valeur » des formations que vous visez. Mais attention : si les classements peuvent vous donner une image de la reconnaissance de la valeur des écoles, ils ne sont certainement pas suffisants pour vous guider dans votre choix !
En effet, il faut d’abord vous souvenir que les classements ne peuvent se faire que sur la base de données chiffrées et/ou chiffrables : prix de la formation, salaire moyen à la sortie, salaire moyen après trois ans, budget consacré à la recherche, nombre de publications annuelles des professeurs, nombre d’élèves, appréciation par les élèves et/ou par les anciens de la qualité de l’enseignement, etc. Il est très rare que les indicateurs retenus soient les mêmes d’un classement sur l’autre ! C’est ce qui explique que certaines écoles puissent avoir une très bonne position dans le palmarès du journal X et une moins bonne dans le journal Y : il n’existe pas d’indicateurs objectifs de la qualité d’une école, et les journaux sont donc seuls maîtres de ceux qu’ils décident de privilégier pour leurs classements. Cela ne veut pas dire, bien entendu, que les journaux sont mensongers ou qu’ils manipulent les indicateurs à des fins qui leurs sont propres, mais simplement qu’ils font des choix qui ne vous concernent pas nécessairement. Si, par exemple, vous désirez travailler en salle de marché, vous savez que le niveau de rémunération moyen à la sortie d’une école n’est pas pour vous un bon indicateur, car vous vous situerez nécessairement dans la tranche « haute » (que vous n’avez que rarement la possibilité d’évaluer). Et ainsi de suite.
Dans le même ordre d’idée, rappelez-vous que vous devez avant tout choisir votre école afin qu’elle soit en adéquation avec votre projet. Si vous vous passionnez par exemple pour l’œnologie et que vous désirez travailler dans le secteur de la viticulture, les formations en la matière de l’ESC Dijon peuvent vous intéresser plus que celles de l’ESC Grenoble qui, bien que souvent mieux classée, ne répondra pas nécessairement à vos besoins.
Cela doit-il signifier que toutes les écoles se valent et qu’il est impossible de distinguer une hiérarchie ? Il serait hypocrite de vous dire que oui. On peut, notamment sur le plan des budgets et de l’ampleur des programmes, identifier un « groupe de tête », composé des trois parisiennes (HEC, ESSEC, ESCP), suivies de près par l’EM Lyon, puis par l’EDHEC et par AUDENCIA. Au sein de ces six grandes, les trois parisiennes sont de loin les mieux cotées. Les classements établissent ensuite deux « gaps », le premier entre l’ESCP et l’EM Lyon, et le second entre l’EM Lyon et l’EDHEC.
Si vous désirez suivre une formation « générique », ces six écoles sont donc des cibles rêvées – ce qui ne signifie pas que celles qui sont moins bien cotées soient moins bonnes : les classements montrent simplement qu’elles sont moins reconnues. En revanche, si vous désirez orienter votre formation vers une branche ou vers une autre, ou si vos choix vous poussent à hésiter entre des écoles ne faisant pas partie de cette bande des six, sachez véritablement personnaliser votre approche du choix et présenter une école qui, autant que possible, corresponde à vos aspirations, que ce soit au niveau des programmes qu’elle propose, de ses associations, de ses engagements, de ses partenariats et échanges, etc.
En conclusion, donc, mes principaux conseils :
- Lorsque vous lisez un classement, commencez toujours par chercher les critères qui ont été choisis pour hiérarchiser les écoles, afin de vérifier s’ils ont un sens par rapport à vos aspirations.
- Ne vous laissez pas prendre au piège de la cotation des écoles et sachez choisir une formation qui correspond au mieux à vos projets.
- En tout état de cause, renseignez-vous au mieux sur les écoles : ce sera le meilleur moyen pour vous de faire votre choix !

